L'emploi des jeunes est certes une question de mesures spécifiques spécialement en tant de crise. C'est surtout une question fondamentale pour le futur de nos sociétés. Le point de vue de Jean-François Fiorina, directeur de l'ESC Grenoble.
mardi 05 mai 2009
L'annonce du plan Sarkozy pour les jeunes, le 24 avril dernier, souligne l'urgence, celle d'agir pour ces classes d'âge durement touchées par la crise dans une société qui n'a pas conscience que son propre avenir, c'est sa jeunesse.
Des mesures pour l'emploi, tant mieux, elles sont bonnes. Mais l'essentiel repose sur deux principes à respecter : L'ACCOMPAGNEMENT ET LE RESPECT DE LA DIVERSITE DES PARCOURS. Un stage ou un contrat d'apprentissage n'a de valeur que s'il est accompagné, validé, intégré dans une démarche pédagogisée. Il faut se battre pour que chaque étudiant, chaque jeune puisse être effectivement accompagné. A la fois par son école, mais surtout par son entreprise d'accueil dont le rôle est essentiel : lui donner une vraie place, des perspectives et des responsabilités. Aujourd'hui, les jeunes fonctionnent sur le principe du « donnant/donnant », les entreprises qui n'ont pas compris cela se trompent.
Autre principe: la diversité des parcours. Certains de nos étudiants souhaitent une carrière d'indépendant pour mieux gérer leur temps, d'autres veulent devenir Bill Gates ou travailler dans des ONG. Tous ces projets sont respectables. A l'ESC Grenoble, nous les aidons à construire le parcours qu'ils ont choisi. Mais comment offrir à tous cette opportunité ?
Par une réforme de l'orientation ?
Certainement. Une orientation subie, parfois dès la classe de 4ème, n'a pas de sens. Tout comme le premier cycle universitaire qui continue d'accueillir des masses d'étudiants alors que la moitié d'entre elles ne décrocheront pas leur diplôme ! L'avenir est au développement d'une orientation positive et choisie qui ne débouche ni sur un enfermement élitaire, ni sur une spirale de l'échec ou de la frustration.
Ce n'est pas d'une jeunesse à deux vitesses dont nous avons besoin mais d'une jeunesse à cent vitesses... une pour chaque individu.
Par une nouvelle méthode pédagogique ?
Certainement. J'en propose une en quatre étapes qui me semblent primordiales pour aider les jeunes à mieux se construire, à leur apprendre à faire des choix :
1. ACQUERIR UN SOCLE DE CONNAISSANCES. Toute formation dont comporter un socle de connaissances non négociables.
2. SE SPECIALISER. Chaque individu doit trouver sa voie en se spécialisant dans le métier qu'il souhaite. Il doit aussi avoir le droit de se tromper.
3. APPRENDRE A COMMUNIQUER SUR SOI ET SUR SON PROJET. Pour savoir ce que l'on veut devenir, il faut savoir qui on est. Une première étape souvent ignorée mais qui conditionne la réussite d'un parcours professionnel. Il faut ensuite exister et maîtriser les outils de la communication d'aujourd'hui. Le numérique est devenu incontournable : deux étudiants, chacun à l'autre bout du monde, peuvent développer une proximité plus forte que celle qui les relie à leur propre famille...
4. DEVELOPPER SA CULTURE GENERALE. Rendre obligatoire la lecture de « classiques » comme La princesse de Clèves parce que cela ne « sert » à rien... Un paradoxe essentiel pour construire son esprit critique, ses valeurs, cultiver l'ouverture au monde. La culture nous aide à comprendre tous ce que l'école ne nous a pas appris.
Notre vision à l'ESC est claire : favoriser l'hétérogénéité des candidats dès l'entrée à l'école et mettre en place notre pédagogie différenciée, au plus près du parcours choisi par l'étudiant.
Si demain, nous voulons que la jeunesse s'intègre mieux dans le monde du travail. Si demain nous voulons que la salle de classe, reflète toute la diversité du pays. Il faudra bien changer nos habitudes. Car la jeunesse, toute la jeunesse, oui, c'est notre avenir...
Anne-Laure Oudinot
04 76 70 60 79
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Posté par Ludo Revol le 12 mai 2009 09:53:47
Bonjour M. Fiorina,
Je partage tout à fait votre point de vue concernant l'importance de l'emploi des jeunes.
Cependant, avec le vieillissement de la population et le recul de la date du départ à la retraite, les entreprises doivent répondre à d'autres problématiques de gestion de leurs effectifs.
Enfin, la France a besoin de ses chercheurs, de ses entrepreneurs, de ses futurs Bill Gates, mais la France a aussi besoin de main d'oeuvre moins qualifiée...Il est de plus en plus diifficile de trouver des jeunes motivés qui souffrent d'un décalage complet entre la réalité et leur maigre apprentissage dans les écoles.
Comme vous le dites très bien, le système scolaire doit permettre à un jeune de se spécialiser très tôt dans son cursus...mais cette spécialisation ne doit surtout pas souffrir d'une image négative. Un jeune "bien sans ses baskets" car valorisé par sa formation, saura ce qu'il veut devenir.
Cordialement.