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Recherche : les Business Schools américaines chahutées par les Asiatiques… et les Européennes !

mardi 01 janvier 2008

Dans un article à paraître dans la prestigieuse revue académique Long Range Planning, Vincent Mangematin (professeur à Grenoble Ecole de Management et directeur de recherches à l’INRA) et Charles Baden-Fuller, (professeur à la City University, Londres, UK) montrent qu’en 15 ans, la domination intellectuelle des grandes universités américaines en management s’est effritée au profit de l’Asie et de certains pays d’Europe… Mais quid de la France ?

Le déclin de l’empire américain n’est pas un mythe, en tout cas, en matière de recherche en management. C’est en substance ce que démontrent Vincent Mangematin, professeur à Grenoble Ecole de Management et Charles Baden-Fuller, professeur à la City University dans un article à paraître en février 2008 dans la revue européenne de référence en matière de management stratégique, intitulé « Global Contests in the Production of Business Knowledge:- Regional Centres and Individual Business Schools ».

N’oublions jamais que la recherche en management est stratégique : elle accompagne la croissance et la compétitivité des entreprises et permet de comprendre l’émergence de nouveaux business models ainsi que les ressorts de l’innovation ou les déterminants de la performance. Or, au cours des 15 dernières années, elle s’est fortement internationalisée et la production des connaissances managériales s’est déplacée géographiquement.

Hier les universités américaines proposaient un modèle unique (one best way), fondé sur l’étude des entreprises américaines, d’où étaient tirées recettes de succès et études scientifiques. Aujourd’hui, globalisation aidant, l’Europe (Grande Bretagne et Pays Bas notamment) et l’Asie (notamment la Chine, Singapour, la Corée du Sud) produisent une recherche académique de niveau international, permettant de mieux apprécier la diversité des modèles et des conditions de succès. La globalisation ne s’entend pas seulement pour comparer les modèles mais aussi comprendre les entreprises globales.

Si les grandes universités américaines conservent une forte visibilité, notamment pour les plus prestigieuses d’entre elles, leur place dans la production de connaissances en gestion (nombre de publications pondérée par le facteur d’impact) chute : – 1,5% par an sur les 15 dernières années contre +1% pour l’Europe (un doublement de la Grande Bretagne sur cette période) et 0.5% pour l’Asie.

Fruit de la mondialisation des échanges, cette nouvelle donne du florissant marché de la recherche et de la formation en management a plusieurs implications : ouverture des stratégies des business schools (spécialisation ou profil généraliste de l’institution), travailler et faire travailler les managers en formation sur des modèles plus divers issus de différents pays, mise en valeur des expériences managériales intéressantes dans les pays européens, asiatiques et émergents, besoin enfin de nouveaux signaux de qualité différenciants pour les business schools… Enfin, à noter : même si l’Europe tire son épingle du jeu, la France doit quant à elle encore faire des efforts !

Contact : vincent.mangematin@grenoble-em.com

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